Pourquoi tu dors mal, et ce que j'ai changé
19 octobre 2026 · 4 min de lecture · Bien-être
J'ai mis des années à comprendre que mes nuits se jouaient avant de me coucher.
Pendant longtemps, mon soir ressemblait à ça. Le dîner. La vaisselle. Les devoirs. Les cartables. La machine à lancer. Puis, enfin, le canapé — et le téléphone dans la main, jusqu'à minuit passé. Je m'endormais épuisée et je me réveillais fatiguée.
Je pensais que c'était normal. Que c'était le prix à payer quand on a quatre enfants et une activité.
Ce n'est pas normal. C'est seulement très répandu.
Ton corps n'a pas de bouton d'arrêt
Un corps ne passe pas de cent à l'heure à zéro parce que tu as éteint la lumière.
Toute la journée, il a fabriqué ce qu'il fallait pour tenir : de la vigilance, de l'attention, de la réactivité. Le soir, il lui faut du temps pour fabriquer autre chose. Ce temps-là, la plupart d'entre nous ne le lui donnons pas. On passe du dernier message professionnel au lit en six minutes.
Et ensuite, on s'étonne que les pensées tournent.
Les trois choses que j'ai changées
J'ai arrêté les écrans une heure avant de me coucher. Pas deux, pas trois. Une. C'est tenable, et c'est celle qui a eu le plus d'effet. Mon téléphone charge dans une autre pièce — c'est la seule règle que je ne négocie jamais.
J'ai avancé mon dîner. Une digestion en cours, c'est un corps au travail. Je mange plus tôt et plus léger le soir, et je garde le plus nourrissant pour le matin et le midi. Ce n'est pas un régime. C'est une question d'heure.
J'ai créé un passage. Quinze minutes entre la journée et la nuit. Un thé. La lumière baissée. Parfois quelques postures de yin yoga, parfois rien du tout. Ce n'est pas le contenu qui compte, c'est le fait que ça revienne chaque soir, toujours pareil. Ton corps apprend le signal.
Ce que je me disais pour ne pas le faire
« Je n'ai pas le temps. »
Pendant des années, j'ai dit cette phrase. Jusqu'au jour où, à quarante ans, à l'autre bout du monde, dans une maison avec une piscine et des frangipaniers, je n'avais plus envie de rien. Même pas de manger, moi qui suis si gourmande.
Mon mari m'a dit : « Fais un tout petit pas, juste pour te sentir mieux. Qu'est-ce qui te ferait du bien, là, maintenant ? »
J'ai répondu : « Dormir. »
Il m'a dit : « Eh bien, alors, fais-le. »
J'ai répondu que je ne pouvais pas. Que j'avais trop de choses à faire. Qu'il allait me trouver fainéante.
J'avais quarante ans. Et j'avais besoin qu'on m'autorise à dormir.
J'ai dormi trois jours. C'est comme ça que j'ai appris le mot burn-out.
Par où commencer ce soir
Choisis une seule chose. Pas trois.
Si tu ne devais en garder qu'une, garde le téléphone hors de la chambre. C'est la plus simple et c'est celle qui se voit le plus vite — en trois ou quatre nuits.
Le reste viendra après. Une habitude à la fois, c'est long. Mais c'est la seule méthode qui tienne au bout de six mois.
Les questions qu'on me pose
Combien de temps avant de voir une différence ?
Pour le téléphone hors de la chambre, trois à quatre nuits. Pour le dîner avancé, une à deux semaines. Pour un rituel du soir installé, comptez un mois avant qu'il devienne automatique.
Je me réveille à trois heures du matin, pourquoi ?
C'est le réveil le plus fréquent chez les femmes que j'accompagne. Il a souvent à voir avec ce qu'on a mangé, à quelle heure, et avec ce qu'on n'a pas dit dans la journée. On regarde les deux.
Je travaille le soir, je n'ai pas le choix.
Alors on ne touche pas à l'heure. On travaille le passage : dix minutes entre l'ordinateur et le lit, toujours les mêmes. C'est peu, et ça suffit souvent à couper la boucle des pensées.
Est-ce que ça remplace un médecin ?
Non. Si tu ne dors pas depuis des mois, parles-en à ton médecin. Mon accompagnement ne remplace jamais un suivi médical.
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