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Apprendre à s'aimer quand on s'est toujours mise en dernier

19 octobre 2026 · 4 min de lecture · Confiance en soi

Apprendre à s'aimer quand on s'est toujours mise en dernier

Pendant des années, je rasais les murs quand je marchais dans la rue.

Je me cachais sous une casquette pour ne pas être vue, ni reconnue. J'étais devenue experte dans un art étrange : celui d'être invisible.

Je n'aurais jamais parlé à une amie comme je me parlais à moi-même. Ni à mes propres enfants.

Et pourtant, de l'extérieur, tout allait bien. Un mari aimant, quatre enfants, une belle maison en Thaïlande. Nous résidions dans un endroit paradisiaque. À l'intérieur de moi, c'était l'enfer.

Ce que j'appelais « m'aimer » n'était pas de l'amour

Je croyais que m'aimer, c'était être à la hauteur. Faire plus. Mieux. Pour tout le monde.

Je ne me donnais plus le droit de m'écouter, de me reposer, de m'amuser. Sans m'en apercevoir, j'avais arrêté de vivre. J'étais en apnée, toujours.

Le jour de mon troisième burn-out, j'avais quarante ans. Et j'avais besoin qu'on m'autorise à dormir.

Qu'on m'autorise. Moi, une femme adulte. C'est là que j'ai compris : je n'avais jamais appris à me donner cette permission.

Le miroir brisé

Toute ma vie, je m'étais regardée dans un miroir brisé. Déformant et cruel. Un miroir qui ne reflétait que mes défauts, en passant à côté de tout ce qu'il y avait de beau.

S'aimer, ce n'est pas se trouver parfaite. C'est redresser le miroir.

Et ça commence par une chose toute simple, que j'ai faite pour la première fois à quarante ans : me parler comme j'aurais parlé à une amie.

Ce n'est pas une idée en l'air. Une analyse de 79 études, menée sur plus de 16 000 personnes, montre que celles qui se traitent avec bienveillance — les chercheurs parlent d'« auto-compassion » — vont nettement mieux : moins d'anxiété, plus de satisfaction dans leur vie. Le lien est l'un des plus solides mesurés en psychologie du bien-être.

Prendre soin de son dragon

Il y a en chacune de nous une part qui crie, qui juge, qui a peur. Je l'appelle mon dragon.

Pendant longtemps, j'ai essayé de le combattre. Ça ne marche pas. Ce qui m'a profondément aidée, ce n'est pas de combattre mon dragon. C'est d'en prendre soin. De l'écouter. De le comprendre.

La peur qui dit « reste invisible » a été utile un jour. Elle m'a protégée, petite fille. Elle n'a plus besoin de diriger ma vie.

Trois gestes pour commencer

Un : la phrase du soir.

Chaque soir, pendant une semaine, note la phrase la plus dure que tu t'es dite dans la journée. Puis pose-toi une seule question : l'aurais-je dite à une amie ? Si la réponse est non, réécris-la comme tu l'aurais dite à elle.

Deux : un rendez-vous avec toi, dans l'agenda.

Un bain, une marche, un thé assise sans téléphone. Trente minutes, au même titre qu'un rendez-vous professionnel. Si tu le déplaces trois fois, ce n'est pas un manque de temps : c'est que tu te mets encore en dernier.

Trois : un « non » cette semaine.

Un seul. À une demande que tu aurais acceptée par habitude. Le jour où j'ai su dire non, j'ai choisi mon bien-être en priorité — et personne n'est mort. Au contraire.

Ce que ça change, concrètement

Quand on commence à s'aimer, on ne devient pas égoïste. On devient disponible.

Pour ses enfants, parce qu'on ne leur parle plus comme à des ennemis. Pour son couple, parce qu'on n'attend plus que l'autre lise en nous ce qu'on n'a jamais appris à dire. Pour son travail, parce qu'on n'a plus besoin de prouver.

Tu n'as pas à convaincre quelqu'un de t'aimer. Pas même toi. Tu as juste à commencer à prendre soin de celle qui est là.

Les questions qu'on me pose

S'aimer, ce n'est pas de l'égoïsme ?
Non. L'égoïsme, c'est prendre aux autres. S'aimer, c'est arrêter de se prendre à soi-même. Une maman qui prend soin d'elle fait des enfants plus heureux — je l'ai vécu dans les deux sens.

Par où commencer quand on ne s'aime pas du tout ?
Par le corps. Dormir, manger assise, bouger doucement. On ne se parle pas avec douceur quand on est épuisée. L'amour de soi commence souvent par une nuit de sommeil.

Est-ce que ça se travaille en coaching ?
Oui, c'est le cœur de mon programme « Renaissance Féminine » : revenir à toi, à ton corps, à ton énergie, en six étapes. Et si ce que tu traverses relève d'un médecin ou d'un thérapeute, je te le dirai et je te redirigerai vers les personnes compétentes.

Ton livre parle de ça ?
Oui. « Le jour où j'ai commencé à m'aimer » raconte quinze histoires vraies, dont celle-ci, avec les rituels qui m'ont aidée. Sa sortie est prévue en novembre 2026.

Et toi ?

Quelle est la dernière phrase que tu t'es dite ce matin, devant la glace ?

Si tu ne l'aurais jamais dite à une amie, tu sais par où commencer.

Les sources

L'étude citée dans cet article :

  • Zessin U, Dickhäuser O, Garbade S. The Relationship Between Self-Compassion and Well-Being: A Meta-Analysis. Applied Psychology: Health and Well-Being, 2015. doi.org/10.1111/aphw.12051

Cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical.

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