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Pourquoi je commence toujours par l'assiette

19 octobre 2026 · 4 min de lecture · Bien-être

Pourquoi je commence toujours par l'assiette

Le jour de mon burn-out, mon mari m'a dit une phrase que je n'ai jamais oubliée : « Si tu n'as plus envie de manger quoi que ce soit, venant de toi, c'est grave. »

Moi qui suis si gourmande. Moi qui avais aidé ma mère dans son épicerie dès l'âge de sept ans, et qui avais été cuisinière à dix-huit ans.

Je n'avais plus envie de rien. Pas même de manger.

C'est ce jour-là que j'ai compris que l'assiette n'est pas un détail du bien-être. C'est son point de départ.

Le corps d'abord, la tête ensuite

Quand une femme vient me voir, elle me parle de sa fatigue, de son stress, de sa confiance qui s'effrite.

Je ne commence pas par ses pensées. Je commence par ce qu'elle a mangé ce matin.

Souvent, la réponse est : « rien », ou « un café debout ». Puis un sandwich à quatorze heures devant l'ordinateur. Puis un vrai repas à vingt-et-une heures, trop tard, trop vite.

Un cerveau qui n'a pas reçu de carburant ne fabrique pas de la sérénité. Il fabrique de l'irritabilité, des fringales, et ce brouillard mental qu'on prend pour un manque de volonté.

C'est pour ça que ma méthode s'appelle AIMER : Alimentation, Introspection, Mouvement, Émotions, Relations apaisées. L'alimentation en premier, parce que c'est elle qui donne l'énergie de faire le reste.

Ce que dit la science, simplement

Pendant longtemps, on a cru que ce qu'on mange n'avait rien à voir avec ce qu'on ressent. Ce n'est plus tenable.

En 2017, une équipe australienne a suivi 67 adultes souffrant de dépression modérée à sévère. La moitié a reçu un accompagnement alimentaire pendant douze semaines, l'autre un soutien social de même durée. Dans le groupe « assiette », un tiers des participants ne présentaient plus de dépression à la fin. Dans l'autre groupe, moins d'un sur dix.

Et une grande revue de 41 études, publiée en 2019, montre que les personnes dont l'alimentation est proche du modèle méditerranéen — légumes, fruits, légumineuses, huile d'olive, poisson, peu de produits ultra-transformés — ont un risque de dépression réduit d'environ un tiers.

Ce sont des liens observés, pas une recette miracle. Mais ils vont tous dans le même sens que ce que je vois chez les femmes que j'accompagne.

Après quarante ans, ça compte encore plus

Les besoins du corps changent : en fer, en magnésium, en protéines, en sommeil.

Beaucoup de femmes vivent ce changement comme une baisse de moral ou de confiance, alors que c'est un besoin qui n'est plus couvert. On ne le règle pas en se motivant. On le règle en nourrissant.

Trois gestes qui changent la direction

Un : un repas assis par jour.

Sans écran, sans téléphone, sans débarrasser en même temps. Un seul. Tu vas découvrir que tu ne sais plus comment ça se passe.

Deux : des légumes à chaque repas, même le matin.

Pas une montagne. Une poignée. Des épinards dans l'omelette, une soupe crue le midi, des crudités avant le plat. La couleur dans l'assiette, c'est de la vitalité dans la journée.

Trois : un petit-déjeuner qui tient jusqu'à midi.

Des protéines, du bon gras, des fibres — et beaucoup moins de sucre. J'ai écrit un article entier là-dessus, parce que c'est le repas qui décide de l'humeur de la matinée.

Ce que je ne fais pas

Je ne prescris rien. Je ne fais suivre aucun régime. Je suis référente en nutrition, certifiée en 2026 par l'école IFSNM, et coach certifiée ICF — pas médecin, pas thérapeute.

Mon travail, c'est de remettre de l'équilibre dans ta vie de tous les jours. Simplement. Sans culpabilité. Avec des recettes que tu as envie de refaire.

Les questions qu'on me pose

Faut-il suivre un régime pour aller mieux ?
Non. Les régimes épuisent, et ils finissent presque toujours par un retour en arrière. On parle d'équilibre et d'énergie, pas de privation.

Je n'ai pas le temps de cuisiner.
Moi non plus, certains jours. Mes recettes tiennent en dix minutes : un smoothie, un lait végétal chaud, une soupe crue. Le temps n'est pas le vrai obstacle — c'est l'habitude de se nourrir en dernier.

Et les compléments alimentaires ?
Parfois, et jamais en premier. Avant de compléter, on regarde ce qui se vide : les repas sautés, le sommeil, le sucre. Et pour tout ce qui touche à une carence, c'est ton médecin qui décide, avec une prise de sang.

C'est quoi, une référente en nutrition ?
Une certification pour accompagner l'équilibre alimentaire, la vitalité et l'hygiène de vie. Elle ne remplace pas un suivi médical — elle le complète, dans ta cuisine et dans ton quotidien.

Et toi ?

Qu'est-ce que tu as mangé ce matin ? Assise, ou debout ?

Si la réponse te fait sourire, tu sais par où commencer.

Les sources

Les études citées dans cet article, telles que référencées sur PubMed, la base de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis :

  • Jacka FN et al. A randomised controlled trial of dietary improvement for adults with major depression (the 'SMILES' trial). BMC Medicine, 2017. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28137247
  • Lassale C et al. Healthy dietary indices and risk of depressive outcomes: a systematic review and meta-analysis of observational studies. Molecular Psychiatry, 2019. doi.org/10.1038/s41380-018-0237-8

Cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical.

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